J ? Aventures d’une cycloabuelafluo qui décide de rallier Invercargill à la Béoux sans transformer son vélo en pédalo…

Compliqué les transferts avec un vélo , compliqué…

Evidemment je prends mon billet sur internet, évidemment je choisis le moins cher et c’est reparti pour de nouvelles aventures…

Départ d’Invercargill (Nouvelle Zélande), je suis au camping, le taxi commandé en précisant que j’avais un vélo n’est pas à l’heure. Me reste 50 minutes avant le départ de l’avion. Appel à la compagnie, un premier taxi arrive, le vélo ne rentre pas… Réappel… L’heure tourne…Un deuxième taxi arrive, le vélo ne rentre toujours pas…L’heure tourne… Les propriétaires du camping me proposent alors de m’emmener dans leur voiture, il faudra 2 voyages mais l’aéroport n’est qu’à 1km, nous sommes samedi la ville est morte, ça devrait aller… Arrive alors un troisième taxi, c’est un van, on redécharge le vélo, on le recharge et nous voilà partis à fond les manettes, le chauffeur décharge et emmène le tout à l’enregistrement, ouf je suis à l’heure. Le chauffeur de taxi refuse que je le paie…

Passage à la balance, j’ai préparé mes bagages pour aller en Australie, donc pas de délestage intempestif.

J’ai réouvert le carton du vélo sans l’explorer, funeste erreur… Avec Jean-Luc on verra qu’ils y on rajouté des bouts de carton, qu’ils y ont laissé le rouleau de collant que j’avais apporté… Et moi je l’ai fermé deux fois avec un truc noir qui ne collait pas et qui pesait et que je n’ai pas enlevé, vous me suivez ?

Je suis la politique utilisée quand je suis revenue d’El Calafate, les sacoches vides et le duvet dans le carton à vélo, ce qui me permet de n’avoir qu’un sac.

Vous me suivez ? Verdict 30 kg, 30kg le carton-vélo. Air New Zeland accepte de le prendre moyennant supplément raisonnable..

En revanche, ils pèsent mon bagage cabine que j’ai chargé à mort et ça ne passe pas, ils me font transférer des choses de mon bagage cabine au bagage soute et ça va. Suivez bien car chaque détail a son importance.

Ouf je suis dans l’avion, petit avion pas à réaction, ça va secouer pas mal…

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Adieu océan du bout du monde…

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Adieu surprenante Nouvelle Zélande…

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Arrivée à Christchurch en début de soirée sans problème, mon prochain avion ne décolle le lendemain qu’en début d’après-midi, je comptais aller faire un tour à ChristChurch pour faire comme tous les idiots de touristes, voir le trou laissé par le tremblement de terre qui a mis d’un coup par terre toutes les églises, mais voilà c’est le week-end, la consigne est fermée… Pas de taxi qui puisse embarquer mon vélo, je reste à l’aéroport, me balade un peu avec mon chariot, ça fait très désordre, on m’envoie dans la zone réservée à cet effet pour passer la nuit, à coté il y a un bar ouvert où j’ai accès à Internet et où je peux recharger mon ordinateur. Quand je me décide à chercher quelque chose à manger tout est fermé et les trucs proposés par le café pour voyageurs perdus offrent des trucs qui semblent traîner là depuis mille ans, je préfère ne pas manger… Quand je me décide à dormir les 4 rangées de siège où il n’y a pas d’accoudoir sont occupées… Je demande et ai l’autorisation de me coucher par terre mais que jusque 5 heures du matin. Mon matelas, mon matelas, il est dans le carton-vélo… J’étale alors par terre tout ce que j’ai en tissu draps, vêtements, serviette et ma fois je vais dormir un peu…

L’attente le matin est longue… Je remarque qu’ils ont installé une zone pour remonter les vélos, première fois que je vois cela dans un aéroport… Etrange paradoxe des new-zélandais…

Enfin l’heure du check-in arrive, j’avais le choix pour le même prix entre emirates et une compagnie indonésienne inconnue, j’ai choisi emirates, parfois le destin se joue à peu de choses…

Pesage du carton-velo : 30 kg, pas un gramme perdu durant la nuit… « Madame, en classe economy vous n’avez droit qu’à un bagage de 19 kg » (radins les emirates d’habitude c’est 20 kg). Il faut payer un supplément… Oui… 1500 dollars, hein quoi ? Non ce n’est pas possible. Devant mon air effondré la jolie dame va voir ses responsables… Il y a une solution, faire voyager vos bagages par avion cargo moyennant 300 dollars. Et ils arriveront quand mes bagages ? Une semaine, un mois… Noooooooooooonnnnnnnn, je ne peux attendre mon vélo un mois, je lui explique (en anglais) la myopathie, les muscles qui ne peuvent attendre, on transige le carton-vélo dans la soute de mon avion, l’autre bagage dans l’avion cargo. Et me voilà partie au pas de course rejoindre la zone de fret à l’autre bout de l’aéroport, je transpire à mort, je commence à puer sérieusement, je cherche, l’heure tourne… Je trouve, formalités… L’heure tourne… Le gentil monsieur me dit que j’aurais mon bagage dans la semaine… L’heure tourne… Un autre gentil monsieur a pitié et me raccompagne en voiture dans la zone voyageurs. Ouf, j’attrape mon avion. 2ème escale : Sydney, j’essaie de voir un peu par dessus les épaules des autres voyageurs, c’est grand, et c’est au bord de la mer et il fait beau… Evacuation, recontrôle des affaires, pourtant je  retourne dans le même avion. Boeing, ça secoue un peu, je dors peu, je passe le vol à tenter de comprendre le fonctionnement de l’écran de divertissement… Atterrissage à Bangkok, là on ne sort pas de l’avion mais une équipe de nettoyeurs envahissent l’avion et nettoient tout… N’oubliez aucun détail : Invercargill, Christchurch, Sydney, Bangkok puis ce sera Dubaï. A Dubaï je change d’avion, refouille extrêmement méticuleuse. Nous (nous ce sont les passagers) investissons un airbus tout neuf, magnifique Et l’avion reste au sol.

Une voix sulfureuse nous annonce que le vol est retardé pour raison militaire… Oh la la, ça se complique…

Une heure plus tard nous décollons, je connais le maniement de la chose, je vais me faire tous les films français, des drôles, des intello, la camera devant, dessous, la totale quoi.

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J’arrive à Roissy Charles de Gaulle, miracle mon vélo est là, bonheur Jean-Luc est là avec son petit dernier.

A Gouvieux le printemps explose et la famille de Jean-Luc toujours aussi chaleureuse, merci à eux…

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Déjà je m’attaque à l’écriture de mon livre…

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Jean-Luc et moi racontons à Enzo toutes les horreurs qui nous sont arrivées sur ses pistes de dingue, d’effroi ses cheveux se dressent sur sa tête…

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Mais, mais, mais rappelez-vous les escales, Christchurch, Sydney, Bangkok, Dubaï… J’ai la grippe, ça va empirer de jour en jour, qui sait je vais peut-être être à l’origine d’une pandémie de SRAS…

Au bout de un, deux, trois jours, je ne sais plus je laisse Jean-Luc à ses obligations familiales et vais squatter chez une de mes nièces qui m’accueille comme une reine, merci Melanie.

Paris toujours m’étonne…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEt me séduit…

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La grippe fait son chemin, ce qui ne m’empêche pas de savourer les délicieux mets de la Bodega de Manolo, merci Mélanie et Thomas.

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Je satisfais moi-aussi à mes obligations familiales, n’hésitant pas à braver tous les dangers…

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Ici on roule à droite, je suis déroutée…

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Arrive le samedi, important, important que l’on soit samedi…

Internet m’a dit que mon bagage était arrivé, bientôt nous ne saurons plus parler, on ne saura plus que tapoter, euh non pas tapoter, toucher, glisser, caresser, surfer sans risquer de se faire manger par un requin…

Tôt le matin je pars, me voici par les transports en commun (pratiques d’ailleurs) à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle qui est TRES GRAND.

Je choisis un terminal au hasard, au passage je diffuse encore un peu de SRAS et me renseigne, l’avantage ici c’est qu’ils parlent français, quoique, on m’envoie sur internet (encore) pour savoir où c’est et les heures d’ouverture, et puis là et puis là et puis là. Je me fais tous les terminaux, trois fois la navette, presque toutes les portes, on va me proposer de s’occuper des formalités moyennant 120 euros, je n’invente rien… Je finis par trouver l’arrêt de bus (qui passe toutes les 40 minutes) qui m’amène dans la zone de fret. Nous sommes samedi, déserte la zone de fret déserte et immense, de grands bâtiments séparés par des terrains vagues et des avions au dessus de ma tête. Je cherche, je cherche, ne trouve pas, l’heure tourne… Une voiture passe, je lui cours après et l’arrête, un père apprend à conduire à sa fille, ils me déposent devant l’immeuble des douanes, oui parce qu’il faut que je dédouane mes affaires, je sens que mes petites culottes vont me coûter très très cher…

Evidemment c’est fermé mais ils rouvrent à 14 h30, le dépôt lui ferme à 14h30, ça devient vraiment compliqué…Et là bizarrement l’heure se met à tourner lentement… Enfin ça ouvre, un homme qui attendait aussi me dit qu’il interviendra si on me fait payer le dédouanement de mes petites culottes. Finalement ça ouvre, je ne paie pas le dédouanement mais paie 85 euros de « frais », vrai, vrai tout cela… J’arrive au dépôt, ils ferment… Un certain nombre de sourires enjôleurs et de regards éplorés me permettent de récupérer mon sac. L’homme qui faisait des formalités de douane a une voiture, je lui demande si il peut me déposer à un truc de transport en commun, n’importe lequel, après je me débrouillerais. Non seulement il accepte mais il m’emmène dans Paris et me dépose au pied de l’immeuble de ma nièce, merci Guy. En attendant Guy qui a d’autres formalités à accomplir, je défais (ou plutôt on me défait le plastique protecteur, merci à vous tous qui m’aidaient) je transvase les choses les plus lourdes dans mon sac à dos pour un peu alléger mon bagage et le porter. T’as dit quoi Enzo ? Que si je portais des petites culottes en dentelles ça pèserait moins lourd ? Et toi Jean-Luc tu dis quoi ? Un peu de tenue ? Ok, ok. Donc je suis assise par terre, au soleil, oui des fois à Paris il y a du soleil et je déballes mes petites culottes avec l’aide de la sécurité des douanes. Et puis je les fais rêver, je leur raconte mon voyage.. L’une d’entre elles me racontera la Serbie dont elle est originaire, je suis invitée là-bas. Guy arrive, voyage sans histoire, non, voyage plein d’histoires, le miennes, les siennes. Arrivée place d’Italie, je me souviens que c’est une avenue en i, deux tours de la place ne nous permettent pas de trouver. Je récupère mon petit carnet dans le sac à dos dans le coffre de la voiture, au passage Mélanie c’est une rue, pas une avenue… Je reconnais le rond-point à sa couleur jaune. Non je ne fais pas monter l’homme, ce n’est pas parce que j’étale mes petites culottes que je ne sais pas me tenir… En revanche je monte mon sac 6 étages sans ascenseur. Le délestage est immédiat… Mélanie étant du genre à ne pas s’encombrer d’objets inutiles, je décide de faire comme en Australie, les mettre sur le trottoir et régaler le passant. Dans les escaliers je rencontre une jeune femme, je lui explique mes petites histoires, la fais choisir les objets, ses yeux s’éclairent, elle prend le tout, je l’entends frapper à sa porte et annoncer d’une voix heureuse « je vous apporte plein d’affaires ».

Et puis entre deux autre avions j’ai le grand bonheur de voir MA fille , merci Nicolas pour ce super resto où je choisis… Des pâtes… Tant d’émotion, un peu de whisky, la grippe, un espace-temps difficile à appréhender, je suis obligée de sortir prendre l’air… Mais ça va…

Après le samedi, le dimanche, je reprends les transports en commun avec mon sac délesté et mon sac à dos, je rejoins Jean-Luc à je ne sais plus quelle gare y prends un billet pour l’inter-city de nuit Paris-Briançon, escale à Gouvieux, je récupère mon vélo, fourre en désordre toutes mes affaires dans mes sacoches, Jean-Luc m’accompagne à la gare d’Austerlitz, en voiture là, merci Jean-Luc, merci à sa famille de me l’avoir prêté pour de nombreuses heures.

Tandis que j’écris, enfin chez moi, le Glandasse flamboie…

Je téléphone à un ami lucois « j’arrive demain à Luc à 5h38 par le Paris-Briançon, tu peux venir me chercher ? » Il vient, lui et sa femme m’offrent un somptueux petit déjeuner et je gravirai en voiture les « épingles de Jonchères » comme ils disent ici…Merci l’ami lucois qui se reconnaîtra.

Dans le wagon je cherche un homme jeune, beau, intelligent et costaud qui m’aidera à descendre vélo et bagages, il n’y a que des femmes… Oui, je suis dans un wagon-femme, et bien dites-donc dans les dortoirs des auberges en Argentine et en Nouvelle Zélande c’est tout mélangé…

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C’est tout ? Non, ce n’est pas tout, ma maison et les choses ne supportent pas mon absence et se vengent… La pompe à chaleur est en panne, le chauffe-eau vomit une eau mousseuse et froide, la télé, euh je ne sais plus comment ça marche, mon sac, mon carnet de chèques, mes disque durs externes ? Trop bien planqués, je ne les retrouve plus. Mes vêtements bouffés aux mites, ma tenue de peinture ? Mangée par les souris, etc etc, etc…

Les migales, là j’ai un doute, les aurai-je transportées dans mes bagages ?

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Mon toit ? Ouf, je n’avais pas vu avant de partir, le couvreur a fait une réparation à l’arrache et n’a pas remis les tuiles en place…

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Ma falaise ? Pas encore complètement écroulée…

Le diois ? Si beau, si beau, si beau…

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Les amis ? Toujours aussi fidèles, merci tous mes amis, qu ce soit les chamois, les ours, les artistes-peintres, les fêlés du diois et les autres, que c’est bon de les retrouver…

Et le soleil, présent, bien sûr…

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Je suis heureuse de rentrer, je sens que j’ai accompli ce que je devais accomplir…

Une Françoise rayonnante de lumière et de joie est née…

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(Peinture Annick Delobelle)

Bisous tout le monde

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8 réponses à J ? Aventures d’une cycloabuelafluo qui décide de rallier Invercargill à la Béoux sans transformer son vélo en pédalo…

  1. JANODOU dit :

    On se demande pourquoi tu vas chercher si loin toute la beauté que tu as près de chez toi.
    Besos a tu Hermana

  2. Excellent récit !!! des souvenirs plein la tête , j’imagine !!!
    en tous cas , l’idée du livre est la bienvenue !!!
    Euh …. sinon, tu as troqué ton vélo vert contre une voiture de course ?!!!!!
    bon, je te laisse te ré-acclimater dans ton décor de rêve !!!
    bonne journée et bon deuxième voyage entre les lignes !!!

  3. Enzo dit :

    Excellent la photo !!!!!!!

  4. Roger(s) dit :

    Impressionnnnnant, Françoise tu es douée, pour raconter, faire rêver, mais aussi faire douter de soi-même..
    J’attends le prochain roman-photo avec impatience.
    ravi d. . ….. …….., .. …… .. …. Roger
    Les petits points en face à face

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