J153 : le Pacifique…

Le 300 ème article, ça se fête, hier j’ai été boire du Pisco avce Araselys, la femme de Lucho qui tiennent la casa de ciclista

Jeudi 23 juin 2011

Chiclayo – Pimentel

Distance parcourue : 18,78 km
Vmoy : 11,1 km/h Vmax : interférences électromqgnétiques km/h
Température : minima : 23°, maxima : 30°
Dénivelée positif : 8 m
Dénivelée négatif : 20 m
Heures sur le vélo : 1H35’55 »
Départ : début de matinée
Arrivée : fin de matinée

Résumé de la journée

  • Objectif : le Pacifique
  • Conditions météorologiques : vent glacial de face qui forcit
  • Etat de santé : bon sauf l’histoire de ma carte bancaire et de l’argent qui me mine
  • Particularités de la journée : je pédale vers le Pacifique, il déploie pour moi toute sa majesté

Je demande mon chemin, on commence par m’envoyer en sens contraire, puis je traverse Nagasaki. A un rond-point des ouvriers, je me fais confirmer mon chemin, grâce à la carte d’Enzo (trop géniale la carte d’Enzo, vite envoie-moi la suite) je sais où je suis et où je vais…

Les ouvriers me disent de vite quitter la zone où je sus, que c’est très dangereux, effectivement hier j’étais à Hiroshima, aujourd’hui je suis à Nagasaki, une femme fouille les décombres, je ne sais ce qu’elle cherche…

Il faut non seulement étudier la carte d’Enzo mais surveiller les écriteaux…

Le vent de face glacial forcit, le soleil est voilé, je tiens un moment les jambes à l’air puis me couvre.

Cherchez l’erreur…

Le vent ne m’empêche pas d’ouvrir grand mes yeux, les péruviens aiment le foot…

J’arrive vite à la petite ville de Pimentel, tout est calme, je demande mon chemin pour trouver l’océan, il est là, magique, puissant, je veux m’avancer sur la plage avec mon vélo pour le photographier. Je suis vite rejointe par la police, qu’est-ce que je fais là, où je vais, j’explique, on va faire la photo de famille, ce soir je dormirai sous leur protection (je ne sais encore que dés ce moment je suis sous haute surveillance) et ils me conseillent d’aller au restaurant pour pouvoir laisser mon vélo en sécurité cet après-midi, c’est un peu cher pour ma bourse actuelle, mais l’idée est bonne, je la suis.

Pas le Pacifique, pas le Pacifique crie le vélo…

Le resto devant l’océan est agréable, j’en profite pour écrire, et j’écris « Merci le Vénézuela, merci la Colombie, merci le Pérou, désolée, je ne peux encore dire merci l’Equateur, même si la communauté quetchua de San Clemente… La resacralisation du volcan Imbabura, L’éruption du Tunguruha… L’Amazonie enchantée… L’échappée belle…Le Cotopaxi et le Chimborazo éblouissants de blancheur… Les cascades de Banos… Le sourire de Catarina… Les bivouacs dans une nature explosante de beauté… Oui, l’Equateur a touché un point sensible que je connaissais déjà, il m’a mise en situation d’insécurité et de précarité… Et ça dure depuis 41 jours, ça va être dur de pardonner et d’oublier… (A l’heure où j’écris je suis dans le bus, de retour de Cuenca, la précieuse carte en poche, enfin pas en poche, bien cachée, les médicaments dont j’avais besoin dans mon sac, et plein de sucreries, même des chamalows enrobés de chocolat… Et j’ai pardonné… Oui l’Equateur ce fut fabuleux, des paysages sortis d’un autre monde… Des expériences enrichissantes (oué la manque d’argent ça peut enrichir…), mais quand même l’Equateur c’est aussi un pays où les Etats-Unis ont été jusqu’à imposer leur monnaie, un pays où dans les petits supermarchés on se croirait en France, un pays envahis par les produits Nestlé qui ici sont de très mauvaise qualité, L’Equateur ce ne sont pas que les volcans, c’est aussi le pétrole d’Amazonie, c’est aussi une politique de ségrégation avec les indigènes, des communautés indigènes qui pour se protéger se renferment sue elles-même, de la pauvreté certes mais aussi de la misère, toujours indigène… Des polices et une armée inexistante hors des lieux touristiques, des révoltes réprimées à balle réelle, je suis sévère, je sais… Tout il est pas beau, tout il est pas gentil au Venezuela, en Colombie et au Pérou… Quand même le Vénézuela ce sont le sourires, l’accueil, la joie de vivre… Le gouvernement ne fait rien, juste des messages type laver vos jeans une fois par mois mais ni poubelle, ni ramassage des ordures organisé… Mais le peuple chante, danse et bois… Et les jeunes, ils vont à l’université, même dans les plus petits villages perdus dans la montagne… La Colombie ? Etrange Colombie, fascinante, multiculturelle, éblouissante à l’image de la blancheur de Popayan… Dans quel pays peut-on trouver un quincailler perdu dans un village à 3000 mètres d’altitude qui vous raconte Paris, la Tour Eiffel bien sûr, mais aussi le Louvre, la révolution française, le Tourmalet et Napoléon ? Dans quel pays une touriste, finalement aussi touriste que les autres peut-elle planter sa tente au milieu de la guérilla et des militaires qui vont monter la garde toute la nuit ? Et même lui garantir que dans le Paramo à plus de 3500 mètres, les moustiques et l’eau sont très purs ? Dans quel pays vous allez assister à un conseil de discipline dans un refuge à 4000 mètres d’altitude parce que les adolescents trempés et transis de froid avec leurs chaussette trouées et leur « cellular » n’ont pas respecté la nature et ses Frailejones ? Bien sûr il y a la religion qui est omniprésente, la procession de la semaine sainte où la police a la place d’honneur… Bien sûr il y a la femme qui traville 365 jours sur 365, de 5h30 du matin à 22h30… Bien sûr l’école est payante… Mais tous les enfants vont à l’école, même si ils travaillent aussi, aidant leurs parents (mais n’est-ce pas normal ?)… Bien sûr ils écrasent les bicyclettes et les piétons, les piétons surtout… Bien sûr asussi les Etats-Unis sont là et échangent pétrole conte routes… Oui mais la Colombie restera la Colombie, pays en route, pays fier, pays qui m’a interpellée, pays que j’ai aimé à la folie, malgrè les pluies diluviennes, les éboulements, les routes coupée, le froid, les routes qui toujours montent est descendent mais te font découvrir un paysage « spectaculaire » comme il disent là-bas, le guide que j’ai du guider au milieu des crevasses et du brouillard pour atteindre 5300 mètres… Oui Colombie tu m’as fascinée de ta blancheur à Popayan, de ta beauté à Tunja, de tes coutumes ancestrales et de ta modernité… Et Vénézuela quand je t’ai quitté, j’ai pleuré, j’ai tant dansé, ri, chanté avec toi, même si tes routes sont cruelles… Et puis tu m’as offert le plus beau de mes bivouacs dans la jungle avec la mer qui grondait, les étoiles qui me protégeaient, les oiseaux qui lançaient des éclairs avec leurs yeux, oiseaux que tous connaissent, mais que nul n’a jamais vus, moi je les ai vus, et ce n’est pas le fait d’être resté deux jours sans manger et un sans boire qui m’a donné des hallucinations… Oui je me suis demandée comment ça faisait quand on mourrait d’épuisement, j’ai même tenté d’appeler l’aide de Jean-Luc, histoire de ne pas affoler ma famille… Mais depuis je sais que je suis très forte et que je peux aller au-delà… Vénézuela tu m’as offert aussi un immense accueil, tu m’as soignée avec tes plants magiques, tu m’as toujours ouvert ta maison et ton cœur… Et le Pérou, et bien c’est le Pérou… Je crois que je suis encore en train de tomber amoureuse… »

Voilà, j’ai écris puis je suis allé me promener sur la plage.

Le pacifique est à l’image de ce continent, puissant, fascinant, les rouleaux éclatent avec force sur le sable, une plage à l’infini, rien où poser ton regard, même les coquillages ont besoin de s’arrimer..

Ou de se parer de rouge pour affronter cette violence…

Pacifique tu m’as éblouie et dans ta force j’ai puisé un peu de calme.

Beaucoup ici s’échouent…

L’oiseau fatigué…

L’amarre rompue…

La plume légère…

La souche trapue…

Le camping est abandonné depuis des siècles…

Le Pacifique ne se contente pas d’être grand et fort, des fois il joue la subtilité

Ou s’unit à l’homme pour se parer de couleurs…

Il rappelle des visages disparus

Ou peint une toile abstraite (oué le pétrole c’est aussi beau…)

Ou accueille en son seing des anges tombés du ciel…

L’idée d’un échange me retarabuste… J’ai interrogé tout le monde, je ne peux pas passer par la mer pour éviter les brigands, réponse : non, trop dangereux, et puis il n’y a pas de port…

Il faut que la mer soit bonne et là elle ne l’est pas..

Puis je retourne à la réalité des choses et cherche un endroit sur la plage, non sur la plage ce n’est pas possible me dit la capitainerie de ce petit port sans port… Oui à marée montante je seras dans l’eau… Bon les marécages ma tente elle supporte, mais se transformer en radeau je crois que c’est pas possible et là sur l’herbe de la capitainerie ? Non, du coté du ponton, après six heures quand les ouvriers seront partis ? Dans les gravats pour ma première nuit au bord du pacifique ? Non. Il y a comme une promenade des anglais.

Alors je la remonte et je cherche, une jolie petite maison a un bout de jardin, je frappe à la porte ? Je peux, oui je peux…

Que rêver de mieux ?

Un jardin enchanté…

Face à l’océan…

La police viendra vérifier que j’ai demandé l’autorisation et ne me quittera presque plus, ils ont des ordres, je ne le sais pas encore… Je vais invoçlontairement tromper leur surveillance, ils ne le savent pas encore…

Et puis ma tente va devenir le dernier salon où l’on cause…

Deux jeunes filles font de la pub pour leur école…

Et m’offrent leur sourire…

J’apprendrai ainsi que la voisine qui habite une immense maison ne quitterai pour rien au monde son village, elle me raconte son père qui était allemand, sa mère indigène, les terres qu’ils ont perdu lors de la réforme agraire, ses frères qui sont partis en Allemagne, elle non, son pays c’est ce village. Elle me raconte aussi les pêcheurs qui partent à quatre heures du matin dans ces espèces de demi-pirogue, avec des sacs en plastique comme seule protection contre le froid, le vent, l’eau glaciale.

Ils ne partiront pas cette nuit, la mer est trop mauvaise, si ils étaient partis elle serait venue me réveiller pour que je puisse voir ce spectacle unique au monde, les autres villages ne pratiquent pas ce type de pêche, dans le village restent cinquante courageux…

Elle m’offre 2 crackers et une banane… Une autre femme me racontera ses difficultés pour élever ses deux enfants seule, s’occuper de sa mère âgée et travailler… La police passe et repasse… Je n’ai pas fermé ma tente, les moucherons transperceurs de jambe l’ont envahis, je mets la crème répulsive sur les parties découvertes…

Et je l’ai mon coucher de soleil sur les mers du sud, un vrai de vrai celui-là…

Allez chut, pour une fois je me tais, juste regardez…

La nuit sera calme…

J’ai quand même repéré le chemin d’évacuation en cas de Tsunami..

Bisous tout le monde…

Une petite dernière, pour la route…

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6 réponses à J153 : le Pacifique…

  1. Je reste muet devant tant de descriptions, d’émotions verbales et imagées empreintes de poésie.
    La nuit sera forcément douce.
    Buenas noche y hasta luego

  2. ARDUIN-BOREL Mylaine dit :

    Là, quand je lis ton commentaire, et regarde tes photos, là je dis « QUELLE CHANCE »
    mais pour y arriver « QUELLE GALERE ».
    Continue de me tenir en éveil de ce voyage exceptionnel.
    Mais prudence, prudence………Bisous.

  3. Cyril dit :

    Bisous, nous nous partons ce matin pour beaucoup moins d’aventures, nous prenons l’avion pour les Canaries donc a notre retour on aura beaucoup de retatd dans la lecture. Bisous

  4. GODARD Michel et Nicole dit :

    avant de partir pour la Turquie, retour à Paris où je reprends connaissance de ton aventure qui au-delà des épreuves semble toujours te galvaniser. Je m’arrête sur ces magnifiques photos (enfin dirais-je de mon point de vue!!) de couchers de soleil sur le Pacifique! J’en suis encore à découvrir tes expériences entre ta carte bancaire : viendra? viendra pas? tes rapports avec la police: tantôt inquiétants tantôt complices ?? et toujours la faim qui semble une seconde nature chez toi!!! je vais reprendre la lecture car j’ai hâte d’en savoir plus. Pour ce qui nous concerne, nous avons quitté Die ce jour après encore une soirée « OURS » cette fois chez Joël Grisal à Menglon dans sa vieille et magnifique maison de famille (il y est né paraît-il) grande, superbement décorée : meubles , vaisselle, sculptures, fleurs et au milieu d’un grand, très grand jardin qui l’occupe bien§ Tous les copains présents au Vigan en vélo étaient là sauf Joël Chan ! Voilà ! Nous retournerons la-bas début août. Un dernier mot pour enfin te dire que tes réflexions sur les pays traversés sont très intéressantes et laissent à penser………… Je t’embrasse MIGO

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