J400 : poussage-torture sur piste…

Vendredi 24 février 2012

Paredones-Bivouac sur une piste censée m’amener à Vichuquen
Kilométrage : 30,18 km
Heures sur le vélo ou à coté : 4h55’19 »
Vmoy : 6,1km/h Vmax : 23km/h
Dénivelée positif : 446m Dénivelée négatif : 555m
Températures : de 59°F à 87°F couvert, remarquez qu’insensiblement les températures baissent…

Lever avec le jour, départ 9 heures.La dame de la pension qui fait aussi restaurant m’a préparé sur ma demande des pâtes avec de morceaux de viande, il y a double portion.

Je pratique un nouveau délestage : je lui donne les morceaux du guide Lonely Planet ( qui d’ailleurs sur le Chili n’est pas terrible, moi je ne regarde jamais où dormir et manger, ce sont les renseignements touristiques qui m’intéressent) et la carte qui m’a fait me tromper. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Une chose terrible, non je n’ai pas glissé ma carte bancaire au milieu des feuilles, ni ne me suis trompée de carte, bien plus pire…

J’étais en train de manger tranquillement les pâtes, au milieu d’une côte, ce que je ne fais
jamais mais vu qu’il n’y avait que ça… A un endroit où un barbelé avait été coupé, quand ? Une voiture s’arrête, une charmante personne en tenue un peu dénudée en sort, elle porte à la main une grande chemise. Je me lève pour l’accueillir, pensant que peut-être elle fait une enquête… Non, c’est la fille de la dame de la pension, elle a à la main mon guide, mon ancienne carte, croyant que je les avais oubliés, affreux je vous dis, affreux….Revenons à notre première piste, au début tout se passe bien, la piste est roulable, je pédale même dans les cotes, certaines sont plus raides et je pousse, mais ça va.
Je vais rencontrer deux camions de bois, l’un va s’arrêter et me dire que ça monte dur, inutile, inutile de me faire peur d’avance…
L’autre passera rapidement et m’enduira de poussière.. L’ai est vif, du coup j’ai des chauds et froids.

Parfois les grands pins laissent entrevoir des centaines de montagnes enchevêtrées…

Arrive une bifurcation, alors là je ne sais vraiment où aller, je pencherai pour la droite (bin oui, à droite ça descend), j’abandonne mon vélo et je vais voir à pied, j’entends une voiture, je me dis que je suis en train de rater la seule voiture qui va passer ici de la journée ( en fait il y en aura d’autres), non elle prend le chemin que j’explore, m’attend et me renseigne, c’est la voie de droite. Mieux le conducteur m’encourage, là je suis dans la partie la plus difficile, après ça ira mieux.


J’entame une descente très difficile, la pente est raide et la piste très sableuse, je suis très prudente, dans un virage je mets même pied à terre.

Il y aura d’autres bifurcations sans aucune indication, je m’en sors.

J’arrive dans une zone de culture et habitée, une bifurcation me laisse encore songeuse. Je hèle une famille par-dessus leur grande clôture en bois. Ils viendront quelques dizaines de mètres plus loin me rejoindre, prise de photos, ils me donnent des poires cueillies le matin mais pas encore mûres

Le jeune va m’aider et m’indiquer le chemin, car après c’est difficile, il y a des marais salants, et je risque de m’y noyer…

Les voilà les marais salants, je suis à Lo Valdilvia.

Sur le bord de la route plusieurs personnes vendent sel, quinoa et autres produits locaux

Je suis rassurée sur la suite de mon parcours, la piste n’est pas mortelle, oué, n’était pas…

Voici des fleurs dont j’ignore le nom, elles poussent toutes seules, n’ont pas de feuilles…

Je vais même avoir deux kilomètres de goudron. On m’a dit de traverser le pont, d’aller à droite et puis à gauche, à gauche un mur, pire que celui du Sud Liepez, sans les
pierres quand même, non, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible… Je m’engage à droite et je demande, et bien si c’est le mur, à droite c’est un cul-de-sac qui va à la mer…

Une photo pas du mur, dans le mur ce n’est pas possible…

Le mur ou poussage-torture va durer deux heures, du style, tu pousses compte jusqu’à douze, re un coup, là tu peux plus, tu arrêtes et tu as tout le mal du monde à redécoller tellement c’est raide.

Ca va s’arrêter et reprendre, c’est l’horreur quoi. Quand même, quand même tu jettes un petit coup d’œil derrière toi…

Là ce sont les marais salants où j’étais

Et là ce sont les vaches qui se sont échappées par le trou que le sieur Janodou a fait dans les barbelés pour pouvoir planter sa tente…

Arrive une bifurcation, là c’est indiqué, à droite Llico, à gauche Vichuquen, ce n’est pas
possible, ce n’est pas ce petit chemin cabossé, sableux, pierreux, si c’est…

Le chemin va monter, descendre, monter, parfois je suis obligée de pousser dans la descente et je ne peux même pas haïr Enzo, ce n’est pas lui qui m’a envoyé dans ce truc
pas possible… Il va laisser entrevoir un lac, puis deux, pas à la même hauteur.

Là, je préfère ne pas compter les kilomètres en plus que j’ai fait…

Des jeunes en voiture arrivent à ma hauteur, ils sont paumés, je les aide à se retrouver. L’un va tester le poussage de mon vélo, pas longtemps…

Certaines bifurcations sont bien indiquées, d’autres pas, je m’en sors

Je décide de stopper et de planter ma tente là-bas, près de l’arbre

Je vais longtemps hésiter, là il y a la vue mais du vent et je ne verrai pas le lac vu que je lui tournerai le dos…

Là c’est pentu, là je n’aurai pas le
soleil du matin, enfin je me décide et vais manger les pâtes,
chaudes cette fois-ci et je vais manquer d’eau…

De mon bivouac j’entends les vagues se fracasser et aussi les moustiques qui vont me filer je ne sais quoi vu que ma tente ne ferme toujours pas…

Bisous tout le monde

Ce contenu a été publié dans Argentine, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

9 réponses à J400 : poussage-torture sur piste…

  1. Monica dit :

    Chemin éprouvant pour toi, mais que la région est belle. Et les habitants drolement attentionnés, pour te courir après et te remettre guide et cartes laissés chez eux. Que de leçons a prendre pour nous Français.
    Bon Courage pour la piste, j’espère que tu vas vite retrouver le goudron.

  2. JANODOU dit :

    Au secours Enzo, fais quelque chose pour Françoise !
    Zorro ne rime-t-il pas avec Enzo ?
    Je décerne aussi un OSCAR à toi Enzo, celui du meilleur ASSISTANT REALISATEUR.
    Bises à tous les deux

    • Francoise dit :

      Enzo il est en pleines conférences, alors je peux bien faire du poussage-torture ça le laisse froid… Quand m^^eme après Conception je ne sais où aller, aidez-moi… Pistes sableuses et autoroutes à éviter, je répète joiles petites routes goudronnées rien que pour moi seule, ça existe, j’en ai trouvée… Bisous à toi

  3. Mylaine dit :

    Quel courage, et quelle beauté tes paysages que tu vous envoie.
    Tu vas y arriver. Bisous+++++++

  4. Quelle aventure que vous vivez à présent . Ma photo préférée est la N° 11 du haut vers le bas. La vue de la mer depuis la colline est splendide.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *