J433 : le Parc des Alerces…

Mercredi 28 mars 2012

Bivouac près de la piste à une dizaine de km de l’entrée du parc des Alerces-Bivouac à l’entrée du camping de Lago Verde

Kilométrage : 28,06 km
Vmoy : 6,2 km/h, Vmax : 20,5 km/h
Heures sur le vélo : 4h27’20 »
Température 8° à 29°, grand beau temps très froid le matin, chaud l’après-midi, le vent
glacial contre souffle fort et me fait subir des chauds et froids infernaux selon que je monte ou descend ou selon que je suis abritée ou non
Dénivelée : positif : 382m, négatif : 426m

Je vais raconter cette journée à l’envers, cela fera travailler mes petits neurones et les vôtres…

Voilà, c’est déjà le matin, il est 8heures, le jour se lève, je suis en pleine forêt, cui cui fait un oiseau, ouaaouaa répond un autre… Hier soir c’était une autre symphonie, comme des aboiements, presque comme les chevreuils de chez moi mais différents quand même… Et puis hier en fin d’après-midi un gros lapin qui détale devant moi et encore avant une vache deci delà, oui je suis dans le Parc des Alerces, immense parc de forêts, montagnes et lacs, parc très protégé où la nature reste encore sinon inviolée du moins respectée…

Ce matin tout est humide dans la tente, oui la forêt c’est cela aussi, des ombres, de la lumière et une herbe encore plus vert fluo que la Colombie sous la pluie… Et puis ma tente c’est comme mes pneus, une véritable passoire…

Hier soir j’ai eu beaucoup de mal à m’endormir, en pleine nuit je me suis réveillée en sursaut, couverte de sueurs avec la nausée. Je viens de réaliser que c’est aujourd’hui que mon Cyril se fait opérer, je viens aussi de réaliser qu’avec le décalage horaire ce devait être dans la nuit, alors j’ai peur… J’espère ce soir avoir une connexion internet, pas sûr,
pour moi la piste c’est difficile, je fatigue beaucoup et n’avance pas… Voilà, je suis inquiète… Je pense que toutes les mères du monde me comprennent…

Couaaaaa vient de faire un oiseau…

J’ai fait aussi un autre rêve, pas grave celui-là, j’étais rentrée en France, j’y faisais d’ailleurs mon deuxième break, je faisais un peu de roller puis j’arrêtais vite de peur de me casser quelque chose avant Ushuaïa, et puis aussi j’achetais des pneus, des Schwalbes, excusez l’écriture approximative… Oui parce que figurez-vous que ma crevaison
journalière hier elle a presque eu lieue dans la nuit : installation du vélo pour la nuit, petite inspection, mon pneu avant est à plat, j’espère juste qu’il est à plat (ouououou vient de faire un autre oiseau…), je le regonffle, et le matin reaplat, bon encore une crevaison, là cela devient extrèmement pénible, d’autant plus que ces pneus, en plus dérapent… Toutes les qualités…

C’était donc ma nuit, avant la nuit il y a eu la soirée, toute la journée j’ai forcé pour essayer d’atteindre le Lago Verde où il y a un camping organisé et je l’ai atteins, mais surprise il est au fond d’un ravin, je vais inspecter à pied, c’est une heure de poussage-torture pour le lendemain, non merci… De l’autre coté de la route il y a ce que je prends pour un camping fermé, la chaine du portail est juste posée sans cadenas, j’inspecte les lieux, ce n’est pas un camping mais un parc à bestiaux. Je décide donc de planter ma tente dans une clairière où j’espère avoir le soleil de bonne heure le matin, de plus je suis à l’abri du vent, en revanche n’étant pas dans un lieu de camping autorisé je m’abstiens de faire du feu, je comptais aussi sur l’eau du camping de Lago Verde, je suis très juste en eau, mais ça va passer, l’eau de cuisson des pâtes sera délicieuse aromatisée de
bouillon cube, oignon, herbes d’ici et huile d’olive… Après coup j’ai appris qu’un kilomètre plus loin il y avait un camping en bord de route, mais je n’ai eu le courage n’y de déménager ni d’aller y chercher de l’eau, je sais juste que demain, donc aujourd’hui je ne vais pas mourir de soif… Après après coup ce que je prenais pour le bruit du vent à la cîme des grands pins est un petit torrent à moins de 100 mètres…

Avant la nuit, avant la journée il y a eu le départ…

Le Parc des Alerces c’est quoi ?

Je vous l’ai dit : des forêts, des lacs, des montagnes, des animaux, des lacs et… Une piste, je déteste les pistes…

Celle-ci va quand même s’améliorer, elle reste très médiocre et je souffre, je suis fatiguée, je repasse dans la douleur, beaucoup, beaucoup de pierres sur cette piste, je me dis que si le ripio (nom donné aux pistes ici) est de si mauvaise qualité sur la carretera australe je m’en échapperai pour repasser en Argentine et récupérer la ruta 40 qui est à cette latitude et cette période de l’année très peu fréquentée…

Le parc des Alerces c’est du très beau et très sauvage

Des lacs, qui parfois se laissent entrevoir…

Ou vous éclate les yeux…

Le parc comme tout parc est réglementé

Et le vent souffle si fort que les vagues déferlent…

Il y a aussi des ronces que j’essaie d’éviter au maximum…

Et puis des montagnes que je regarde avec envie…

Quant aux vaches, elles me fuient…

Et bing un repetit coup de lac

Une forêt à loups (oui quand mon n°2 alias Cyril était petit, qu’il couinait en montagne parce qu’il avait du mal à marcher, on lui disait que c’était une forêt à loups qui mangeaient les enfants quand ils couinaient, après coup nous avons su que c’était la maladie, je suis une horrible mère, ma seule excuse est d’aimer mes enfants à mourir)

Meu meu fait la vache, je suis toujours dans ma tente dans la forêt…

D’ailleurs dans le parc une ferme, oui je pense que les vaches ne sont qu’en semi-liberté, tout comme nous le genre humain d’ailleurs… Tellement prisonnier de tant de choses…

Et pour couronner le tout le Parc des Alerces prend comme un petit air de Paso de Agua Negra…

Voilà, journée de douleur et de bonheur mêlés…

Bisous tout le monde

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2 réponses à J433 : le Parc des Alerces…

  1. Mylaine dit :

    Tu es une mère comme toutes les mères, ni plus ni moins.
    Je te comprend tout à fait. J’espère que tu as eu de bonnes
    nouvelles, et que tout c’est bien passé pour ton Cyril.
    Nous nous sommes des grands parents heureux d’une petite
    Faustine qui 8 jours. (Belle comme sa grand mère).

    • Francoise dit :

      Heureuse vie à Faustine, quel joli prénom… Tout s’est bien passé pour mon Cyril, juste il doit y repasser une deuxième fois, mais ça ira, il est du genre courage silencieux, bisous grand-mère belle comme sa petite-fille

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