J457 : la piste restera toujours pour moi une épreuve…

Samedi 21 avril 2012

Casa près de l’aérodrome- Puerto Bertrand (Lodge Green Balker)

Kilométrage : 12,99 km
Vmoy :  6,4km/h, Vmax : 28 km/h
Heures sur le vélo : 2h01’42 »
Température  6 à 12°
Dénivelée : positif : 144m, négatif : 207m

La famille qui m’accueille est sympa, ils sont âgés, elle souffre beaucoup du dos, lui prépare amoureusement son petit bois qu’il fera sécher sur le coin du feu pour le lendemain. Je leur pose problème, ça les gène de me laisser dormir dehors dans le givre, ça les gène aussi de m’accueillir chez eux… Finalement ils m’offriront le « onces », me permettront de faire sécher mes vêtements à coté de la cuisinière et m’offriront le lit au grenier, eux attendent que je me couche pour manger tranquilement et regarder la télévision, ce que je fais. Au grenier il fait très chaud, je me sens poisseuse de transpiration, je vais très mal dormir… Non, ce n’est pas cela qui va changer ma destinée, c’est juste le lendemain, le lendemain la glace est rompue, je vais leur écrire un petit mot sur leur cahier et ils vont me montrer un livre d’une française qui est venue chez
eux, une française photographe, qui revient chaque année ici, son livre montre la « Caleta Tortel », me prend l’envie d’y aller et jamais je ne le regretterai, un lieu qui me marquera autant que Popayan, Tunja, la Paz, Cocuy, et quelques autres villes ou villages, merci Camille Fuzier…

La réparation du porte-bagages n’est pas top top…

J’attends que ça dégivre un peu avant de plier la tente…

Là vous avez la cuisinière typique des patagoniens chiliens avec autour des bancs pour profiter de la chaleur, c’est génial…

Et les deux petits vieux amoureux à qui je dois de connaître la Caleta Tortel… Ils m’en ont raconté des choses, comment c’était avant, les campamientos au moment des coupes de bois, la vie est plus facile maintenant…

Avant de partir je me fais recenser, les recenseurs sont accompagnés par les policiers avec qui je vais m’engueler deux fois, oui, il y a des jours comme ça, la première où ils me disent de rouler à droite, mais c’est bourré de cailloux, la deuxième où ils me redisent de me mettre à droite mais je suis dans une endroit visible et je galère avec mon porte-bagages, ai déchargé et essaie une réparation de fortune.

Me revoilà partie dans du super beau mais je ne me sens pas bien, pas de ressort dans les jambes pour pédaler, ni pour pousser

Et pourtant c’est beau mais le coeur n’y est pas…

Et il fait très froid et je souffre des chauds et froid. Peut-être que j’ai une indigestion de lacs…

Ou de piste, je hais la piste

Ou alors j’en ai marre de faire des photos carte postale…

Ou alors c’est le porte-bagages complètement cassé, finalement le bateau ce serait peut-être mieux

Le pont il est super, donc ce n’est pas ça…

Bon ça ne va pas, peut-être que le bleu du ciel allié à celui du lac me donne le tournis, plus tard je comprendrais que je suis malade, que j’ai de la fièvre, là juste j’en ai marre…

Je craque, je demande de l’aide

Je vais louper un super bel endroit , la super Suisse, sommets enneigés, reflets dans le lac, mais coincée entre deux cannes à pêches à lunettes, il n’y aura pas de photos… Arrivée à Puerto Bertrand mes sauveteurs prennent contact avec les deux jeunes guides de montagne, accompagnateurs de VTT qui vont venir me chercher,  il vont mal réparer le porte-bagage, ça va casser en un jour, ils vont badigeonner mon vélo d’huile, je vais passer plusieurs heures à extraire le magma sable- gravier qui s’est mis partout, mais, mais je vais beaucoup parler avec eux et ils vont m’aider dans ma démarche de comment continuer mon voyage, en clair je vais jusque qu’à la Caleta Tortel, Villa O’Higgins si on ne peut traverser le lac ne vaut pas le coup, je repasse en Argentine par le paso Roballos, et après je fais fis de tout ce que l’on me raconte, et je vais jour après jour et à chaque jour suffit sa peine, et aujourd’hui, 21 mai, c’est ce que je fais et c’est très bien. Avec eux je vais faire le ménage de tout ce dont on m’a encombrée pour le vélo, les pneux chiliens, out, les milliers de chambre à air, out, le démonte-chaine suit le même chemin, le redresse-rayon aussi, même les rayons y passent, je gagne deux kilos et mon esprit s’allège… C’est quoi cette diabolisation de la carretera australe ? C’est tout sauf un désert, le désert je vais le rencontrer après, mais ouf je ne le sais pas…

Ce jour-là j’ai pris une des meilleures décisions de ma vie et même si l’hôtel est un peu cher, même s’il ne fait que 8° dans la chambre, je vais manger le meilleur pastel de choclo de ma vie…

Bisous tout le monde

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3 réponses à J457 : la piste restera toujours pour moi une épreuve…

  1. Rodrigo Martínez dit :

    Hola Francoise, como estas? esperamos que hayas logrado llegar al Glaciar Perito Moreno y fundamentalmente que andes bien.
    Te mandamos un beso grande. Esperamos noticias tuyas.
    Sol y Rodrigo.

  2. Monica dit :

    Une autre rencontre emouvante, des photos qui donnent envie de partir la bas. Tu as le privilege de vivre entouree de bleu, c’est bon pour le moral. En France, depuis des mois, c’est gris du sol au ciel.Tout devient gris, meme la mine des gens. Alors je vais au cinema et vois de super films.
    Besos.

  3. Mylaine dit :

    Comme d’hab tes photos sont sublimes, même si elle ressemblent à des cartes
    postale comme tu dis. Ton punch va revenir, malgrès tes problèmes, pense
    a tout ce que tu as vécu jusqu’ici, et puis çà repart.
    Tu vas te « taper » 2 hivers dans un an, qui pourra dire la même chose?????
    a MOINS que tu ne revienne pas!!!!!!!!
    Bisous

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