J469 : y a pas, les pasos c’est beau…

Jeudi 4 mai 2012

Bivouac sur la piste qui mène au Paso Roballos – Bivouac sur la piste qui mène au Paso Roballos

Kilométrage : 28,94 km (ça va Enzo, tu es content, j’ai dépassé la barre des 20km…)
Vmoy : 5,6 km/h, Vmax : interférences électromagnétiques
Heures sur le vélo : 5h05’02 »
Température 3 à 17°, alternances nuages et éclaircies, une giboulée, dans l’ensemble beau temps froid, vent fort glacial favorable
Dénivelée : positif : 469m, négatif : 528m, je passe un paso (donc un col, je suis censée monter, d’ailleurs je remonte un rio, mais non je continue à m’enfoncer au centre de la terre…)

Je vais procéder par thème, ça changera de la chronologie…

La piste : au début géniale, je roule bien, je crois même faire du 9km en moyenne

Vraiment géniale

Puis ça va se gâter, tôle ondulée

Et surtout pierres

Je crois que c’est momentané lorsque je suis contre les rochers mais dans la plaine c’est pire, alors je pousse, mais je m’en fous, je suis dans mon élément, personne, en tout je vais rencontrer quatre voitures aujourd’hui et un paysage comme je les aime, de la montagne grandiose, impressionnante, dénudée, rocheuse ou enneigée…

Le temps j’ai dit plus haut, plutôt beau, vent qui va forcir, favorable, qui parfois va tourbillonner et me chahuter, je ne pourrais hélas en profiter, la piste exécrable m’obligeant à pousser… Mais je m’en fous, je suis dans mon élément, je me sens bien…

Je réfléchis à la carretera austral, pourquoi ne m’y suis-je pas sentie bien ? D’abord je pense que j’ai été un peu malade et puis je pense que tout le monde m’a stressée en me disant ça y est tu es arrivée alors que je n’avançais pas, et tout le monde aussi m’a stressée en me disant que jamais je ne passerai, Ushuaïa en hiver ?  Impossible, alors j’ai essayé d’aller vite et je ne peux pas, la piste ce n’est vraiment pas mon truc et pourtant, là je suis sur une piste exécrable et je suis heureuse… Il y a aussi le climat froid et humide, très dur pour moi… Et aussi je pense que je me suis sentie un peu « enfermée » dans cette carretera austral, moi j’ai besoin de grands espaces, le vent me va bien, le vent, les pierres, je préfère les pierres aux arbres, c’est comme cela…

Elles sont pas belles les pierres ?

Ce que j’ai adoré dans la carretera austral ? Les bivouacs, tapie dans la forêt où je pouvais faire du feu, les animaux que j’entendais, le petit oiseau vert qui est rentré dans ma tente, l’absence de vent, euh pas toujours, il m’a fait craquer une fois… Là dans les pasos je suis super bien… Ce que j’ai adoré aussi c’est la Caleta Tortel… Et puis aussi les patagoniens chilenos, pas mal, pas mal…

Revenons à cette journée, les ennuis mécaniques : le porte-bagage est toujours cassé, ma réparation avec du fil électrique a à moitié tenu, à moitié cassé, je mets pied à terre dans les zones de tôle ondulée ou de pierres car je sens que le vélo part en miettes… Le changement de plateau s’est rebloqué sur le moyen plateau ce qui m’empêche de gravir les cotes, pourtant j’ai tout débloqué ce matin, mais j’ai compris le truc, le produit utilisé ici (WD40) et que j’ai adopté pour nettoyer les pièces essentielles du vélo doit à mon avis contenir un lubrifiant, ce qui fait qu’automatiquement cet espèce de gravier-sable se recolle sur le système et bloque tout, prochaine station-service j’achète un litre d’essence et je fais le grand nettoyage, tu as dit quoi Enzo ? La prochaine station-service est à 350 km, bon je reste sur le petit plateau… Au fait je ne crève plus, preuve que cela venait des pneus et de la malposition de l’espèce de tissu qui protège la jante.

Le moral ? Au zénith le moral, les pasos c’est mon truc, et puis les prédictions du style je ne passerai pas, et je vais mourir de froid et la météo est exécrable, et bien sont fausses…

Quand même ce matin la neige n’était pas loin…

Le paysage ? Trop, trop chouette…

Et puis j’ai vu plein de condors, et le premier qui me dit que ce n’est pas un condor, c’est comme pour le reste, je le tue…

Regardez bien :

A droite un paysage lunaire, volcanique qui me rappelle l’ascension de l’Imbabura

J’imagine les coulées de lave

Et puis à droite le rio, au fond la montagne enneigée, tout quoi…

En fait c’est juste beau

Là, je reconnais que ça ressemble assez au Pont de l’Union ( pour les guibertins), quand même avant que la route soit goudronnée, soit bientôt 50 ans …

Mais pour moi c’est magique

Et voilà le magique zoomé

Et les couleurs font aussi partie du décor…

A droite je vous l’ai dit, on est dans la lune, à moins que ce ne soit Mars, je ne sais plus, je me perds…

Et quand pierres et arbres se mêlent, cela donne cela…

La piste est piste…

 

Et mes yeux se régalent…

Reconnaissez que là c’est géant…

Bien qu’étant subjuguée par les pierres j’observe quand même la flore…

Allez, c’est trop chouette

Et les ponts non mortels

Je vais quand même rencontrer deux fermes

A droite les vaches

A gauche les moutons

Entre les deux bien sûr les barbelés…

Et derrière la montagne

Le vent est si fort qu’il y a des vagues dans les flaques

Et là-bas, au loin, la trouée de ciel bleu ? L’Argentine…

Et des ponts qui sont ponts, oui, oui Enzo, tu essaies de me perdre, ensuite de me faire tomber dans des rios glacés, mais je suis coriace…

Et puis l’heure tourne, et puis j’ai fait mon taf d’heures, je cherche un endroit pour bivouaquer, il y a des milliards d’épines et je trouve l’endroit idéal

Un peu abrité du vent, pas trop d’épines, de l’herbe, des piquets qui s’enfoncent, un paysage grandiose…

Et tout ça que pour moi…

Et comme aujourd’hui je pense aux guibertins je leur offre la Cucumelle…

Bisous tout le monde, demain je repasse une frontière…

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Une réponse à J469 : y a pas, les pasos c’est beau…

  1. Mylaine dit :

    Tu as le « pont de l’union » mais aussi celui de la « Bessias », identique pour le
    plateau en aussi mauvais état.
    La cucumelle idem, bonne comparaison.
    Bisous

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